Kleinkinder brauchen ihre Eltern als ständige Bezugspersonen, Verlässlichkeit, Halt, Orientierung

Daddy at home

Si si rar, mä et gëtt se: Pappen, déi doheem bleiwen, fir sech ëm hir/hiert Kanner/Kand ze këmmeren. De Jérôme huet dee Choix gemach an deelt eis säi Point de vue mat.

 

Qu’est-ce qui m’a encouragé à être « Daddy at home »?

Ma femme et moi-même ne pouvions concevoir le fait d’amener notre enfant à la crèche, nous sommes d’avis qu’il est normal de s’occuper soi-même de son/ses enfants. J’étais chauffeur de bus dans le privé, donc 12h de travail par jour alors que ma femme est institutrice et gagne 2x plus que moi, donc le calcul était vite fait…

Quels sont les avantages pour moi et ma famille?

On passe beaucoup de temps ensemble, mais j’ai plutôt envie de vous raconter les avantages que possède ma fille dû à mon/notre sacrifice d’aller travailler. Je ne dois pas la réveiller à 6h du matin pour l’amener à la crèche, elle n’a pas une journée surchargée, elle vit à son rythme avec ses parents dans sa maison, elle a au moins toujours une personne qui est là pour elle, entièrement et tout temps, elle est calme et équilibrée et même si elle n’est pas en contact permanent avec d’autres enfants, cela ne l’empêche pas de jouer avec eux, lorsqu’elle les voit, malgré ce que les autres parents (convaincus des crèches) peuvent croire. 

Comment réagit la communauté à notre situation?

Beaucoup de gens sont positivement étonnés et m’encouragent, mais c’est surtout parce qu’ils n’oseraient pas faire de même. Le sacrifice de plaquer son travail pour s’occuper de son propre enfant est un sacrilège pour la plupart des gens. Je suis d’accord que beaucoup de personnes ne peuvent pas se permettre de quitter leur travail pour des raisons financières et d’élever leurs enfants, mais j’en connais qui pourraient le faire mais c’est plus facile de confier l’éducation et tout le stress à une crèche. 

J’ai dû démissionner pour pouvoir bénéficier du congé d’éducation, 550€ par mois pendant 2 ans, ce qui revient à la même somme qu’une personne ayant pris le congé parental à temps plein pendant 6 mois…, en avril 2016 ma fille a eu ses 2 ans donc depuis, je ne touche rien et on a quand même pris la décision que je continue à rester à la maison au moins jusqu’à ce qu’elle aille en précoce donc encore une bonne année sans rien toucher.

Les avis récurrents de personnes ne comprenant pas notre décision: 

- Notre enfant ne sera pas habituée avec d’autres enfants.

- Elle aura du mal à intégrer l’école.

- Elle sera trop renfermée sur elle-même.

- Elle sera en retard intellectuellement.

- Comment vas-tu faire pour retrouver du travail quand elle ira à l’école ?

- Et si jamais ta femme te quitte comment feras-tu? 

Je ne regrette en aucun cas cette décision, ce n’est pas facile à vivre tous les jours mais ça en vaut la peine, un sacrifice qui devrait être normal et naturel, mais qui au vu de la société est rejeté, car je suis tout simplement un homme, surtout pour le marché du travail, comme quoi le problème de la sexualisation marche dans les deux sens.

En effet, ce qui me chagrine c’est que notre société ne trouve pas normal de s’occuper de ses propres enfants et encore moins lorsque c’est le père.

À tel point que, lorsqu’on est à la recherche d’un travail, les patrons ne comprennent pas cette décision d’avoir mis sa carrière professionnelle entre parenthèses, car après tout, d’après la gente masculine, s’occuper des enfants, est un travail de femme, ce qui pousse le patron à ne pas vous engager car il pense que vous n’êtes pas assez motivé pour le poste. 

Alors que l’un et l’autre n’ont rien à voir.

J’entends souvent dire, que des personnes comme moi ne devraient rien toucher pour la simple et bonne raison qu’apparemment rester à la maison avec ses enfants veut dire ne rien faire de la journée et laisser ses enfants devant la télé et ce genre d’expression me rend malheureux.

Je ne comprends pas la motivation d’avoir un enfant s’il faut l’amener à l’âge de 3 mois à la crèche et à partir de là, ne le voir que 3h par jour et le week-end. 

Une situation qui n’aurait jamais dû exister est devenu normal: mettre ce qu’on a de plus précieux de côté parce qu’il est plus facile d’aller travailler. De ne pas consacrer de son temps, de sa volonté et de l’amour à notre être le plus cher pour lui permettre, lui transmettre une qualité de vie meilleure. Et le pire dans tout ça c’est que les parents n’y voient pas l’intérêt de le faire.

Il ne suffit pas d’organiser des activités à 100km/h toute la journée pour occuper l’enfant mais aussi prendre le temps pour lui faire comprendre d’aimer et de respecter l’instant, même insignifiant qu’il puisse être, tel que le calme, écouter, regarder, être attentif et pas juste courir, crier et consommer, sans se poser de question.

Je regrette le fait que l’allocation d’éducation n’existe plus depuis l’été 2015 ce qui nous freinera sûrement l’envie d’avoir un deuxième enfant. ..

Jérôme L. 28 ans, père d’un enfant

05.11.2016

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One thought on “Daddy at home

  • 9 novembre 2016 à 20 h 24 min
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    Wann ech dem Jérôme säin Temoignage liesen, soen ech mer wierklech, wat an dëser Gesellschaft schief leeft: dat, wat eis am Wichtegsten ass, wëlle mer, schlëmmer nach, musse mer ofginn, wéi wann dat en Objet wär. Doduerger dass d’allocation d’éducation ewechgefall ass, muss eng Koppel, déi frou ass mat de Kanner, dee Wonsch zeréckschrauben. An et stéiert nëmmen wéineg Leit, dass dat ewell normal ass.

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