Yseult et ses soeurs

Yseult et ses soeurs

Interview d’Hélène Selme, maman d’Yseult, surdouée

Est-ce que les enfants surdoués s’ennuient-ils nécessairement à l’école et avec leurs camarades?

Les enfants surdoués ne s’ennuient pas forcément en classe. Tout dépend de leur caractère/personnalité mais aussi du groupe classe et de l’enseignant.

Yseult est un caméléon social qui veut plaire à l’adulte. Elle n’a jamais montré de signes d’ennui en classe, elle se contentait de le dire à la maison mais sans tristesse, comme une fatalité. La fin de l’école maternelle a été compliquée pour elle car l’ennui a pris de l’importance et que l’école publique où elle était scolarisée n’a pas entendu et répondu à ses besoins spécifiques.

Pour cette première année d’école primaire, nous avons fait le choix de la scolariser dans une école privée catholique et de ne pas opter pour un saut de classe (impensable pour nous pour une première année de primaire). Son enseignante est formée aux méthodes éducatives et d’enseignement Montessori et elle est très attentive. Nous l’avons rencontrée afin d’expliquer les particularités d’Yseult et les difficultés. Le français est enseigné selon les méthodes Montessori, ce qui permet à Yseult d’aller à son rythme. L’enseignante a adapté le programme de mathématiques pour Yseult. Elle fait le travail commun avec sa classe puis elle a un accès libre à des travaux plus poussés. Les sciences sont communes mais Yseult a toujours le droit de compléter et d’apporter ses propres documents. Elle aime beaucoup aller en classe et apprécie énormément son institutrice.

Il est prévu, en accord avec l’enseignante et la directrice de l’école, qu’Yseult ira ensuite en classe double niveau jusqu’à la fin du primaire (l’école primaire compte cinq années en France). Elle suivra une scolarité normale ou accélérée selon ses besoins mais aussi (et surtout) ses envies.

Ce qui est beaucoup plus compliqué pour Yseult ce sont les liens sociaux avec les enfants. Elle met beaucoup de temps pour se faire des amis et préfère souvent la compagnie des enfants plus âgés. Elle n’a pas de références intellectuelles/scientifiques sur la méthode à suivre pour se faire des amis. Elle ne laisse pas la place à la spontanéité. Mais là encore, son enseignante veille au grain et s’assure toujours qu’Yseult ne soit pas isolée en classe, pendant la récréation ou encore à la cantine.

Pensez-vous que les Ministères de l’Éducation nationale au Luxembourg et en France font les efforts nécessaires pour accompagner les enfants surdoués ?

Je ne sais pas ce que le Ministère de l’Éducation Nationale luxembourgeois a mis en place, mais celui de la France commence doucement à se pencher sur la question des enfants surdoués. Le problème c’est que, c’est personne-dépendant et que si l’enseignant n’est pas sensibilisé ou s’il n’a pas de formation (rien n’est prévu dans la formation initiale des enseignants), l’enfant surdoué peut être en échec scolaire voire développer des phobies scolaires. L’autre problématique en France, c’est que des programmes sont mis en place mais sans moyen. Comment une enseignante qui a 30 élèves en moyenne, dont 1 ou 2 porteurs de handicaps peut aussi s’occuper plus particulièrement d’un enfant surdoué ? Surtout quand ceux-ci sont vus comme ayant de la chance. Alors que la surdouance si elle n’est pas accompagnée, si elle est hétérogène, si elle n’est pas reconnue et selon les enfants peut être un lourd fardeau à porter. Il ne faut pas oublier qu’un surdoué qui n’est pas nourri intellectuellement et à qui on ne donne pas de méthodes de travail va décrocher scolairement.

Des écoles spécialisées seraient-elles nécessaires?

Nous ne sommes pas pour des écoles spécialisées. Nous pensons qu’il n’est pas souhaitable d’enfermer les enfants dans des « ghettos », de les couper de la « vraie vie ».

Nous restons persuadés que cela ne les prépare pas à la vie d’adulte et au monde de l’emploi. Ils seront dans une bulle pendant leur scolarité et ne seront pas prêts à vivre avec les autres. Et les autres sont beaucoup plus nombreux qu’eux.

Ce qui serait souhaitable, ce sont des enseignants formés à la surdouance, capables d’adapter le programme aux particularités de l’enfant. Des enseignants qui auraient la volonté de se mettre à l’écoute des besoins et d’adapter au cas par cas. Pour cela il faudrait que le Ministères de l’Éducation Nationale leur en donne les moyens, qu’ils cessent de mettre 30 enfants (et plus) par classe et qu’ils offrent la possibilité de formations solides sur le sujet.

Qui est Yseult?

15.02.2015

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2 thoughts on “L’enfant surdoué et l’école